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Drehu

Le qene drehu (la langue drehu) fait partie du sous-groupe des langues kanak de la famille austronésienne de la branche océanienne.
Elle comprend le plus grand nombre de locuteurs, environ treize mille. Elle est essentiellement parlée sur l'île de Lifou, mais aussi par des Lifou résidant à Nouméa et dans la périphérie ou en province nord.
L’histoire d’une réelle prise en compte du drehu commence en 1979 avec la création du Bureau des langues vernaculaires (BLV) à Nouméa.
Elle est aujourd’hui une langue enseignée : depuis 1973 à l'Institut national des langues et civilisations orientales, 1980 dans les classes du secondaire de Nouvelle-Calédonie, 1999 à l'université de la Nouvelle-Calédonie, officiellement dans les écoles primaires publiques calédoniennes depuis 2005 au cycle I.
Depuis 1996, elle peut être présentée en option au baccalauréat. Les premières propositions d’écriture de la langue drehu sont effectuées par les missionnaires protestants Muller et Patesson en 1853. Celle qui est utilisée et fixée par les missionnaires Creagh et Jones pour traduire la Bible en 1854 sera employée jusque dans les années 1980.
Bien souvent, elles ne faisaient pas la distinction entre les consonnes alvéolaires « dr » et « tr » et les dentales « d » et « t », ni entre les voyelles courtes et les voyelles longues. Drehu était alors souvent écrit « dehu ».
Dès 1979, dans le cadre du BLV, Léonard Drilë Sam et Claude Lercari révisent, améliorent et adaptent l’écriture de la Bible.
Les « Propositions d'écriture de la langue drehu » publiées en 1983 seront plus ou moins suivies.
Aujourd’hui maître de conférences en langues et culture kanak, Léonard Drilë Sam, en partenariat avec le chargé de mission et l’académicien drehu, poursuit avec l'Académie des Langues Kanak, un travail scientifique de normalisation de l’écriture du drehu.